Un étudiant ayant lu mon texte sur la fin du lycée, me demande hardiment :
"Oui, mais après ?".

Après, on baise.

Voilà le conseil d'un vieillissant à un jeune nouveau sur le marché post-
pubère des corps infidèles, hardi petit, fais-donc tes emplettes pendant
qu'il est temps et, s'il te plaît, reste détaché du contenu, contente-toi
du contenant, des rondeurs et des cris qu'elles pourraient t'offrir, c'est
toujours ça pour ta besace, tu seras bien assez mort quand il faudra gagner
ta croûte. De mon temps vois-tu, les filles n'avaient que deux ans d'avance
sur les garçons, c'était moins difficile. Quand je vois mes étudiants
aujourd'hui, j'ai de la peine pour eux. Les filles en micro-strings, les
garçons en skate-board, 14 ans éternellement, des rêves de consoles de jeux
et de filles en plastique pour s'entraîner avant, vous parlez d'un rêve.
Jeune homme, il est temps de repartir à la conquête de notre plus vieille
montagne, la fille en face de toi.

Car ce que tu ne sais pas, je peux te le dévoiler. J'ai mis vingt ans à
comprendre. Mais j'ai compris. Ecoute-ça, tu m'en diras des nouvelles...

D'abord, j'ai toujours cru qu'il fallait plus ou moins les forcer. Qu'elles
voulaient bien, oui, d'accord, mais qu'elles ne voulaient pas autant que
nous, je veux dire : nous, les hommes. J'ai toujours pensé (j'étais con, et
alors, ça arrive à tout le monde), qu'à part quelques salopes exacerbées,
les autres avaient une libido plus paisible et même pas de libido du tout,
qu'on pouvait réveiller tout cela mais pas autant que le bouillonnement
volcanique qui ma bite encore... J'avais tort. Les filles sont encore plus
affamées que nous, il suffit de le savoir. Mais pour le savoir, il faut
accepter de s'en rendre compte, c'est comme la croyance en dieu, faut pas
hésiter à ouvrir les yeux, c'est pourtant simple. Tenez, camarades,
pourquoi vos copines ont-elles de plus en plus de décolletés plongeants,
des nombrils extravertis et des tenues extravagantes ?

Pour le cul.

Oui, pour le cul. Elles ont faim. Ce n'est pas nouveau. C'est sain, c'est
pas comme la drogue, l'alcool et le tabac, ces inhibiteurs de libido. C'est
sain, ces seins, ces seins. Ce qui est nouveau, c'est l'aveu mon cher Yves
Montand. Les filles l'avouent : on en veut. Et bien entendu, ça remet les
pendules à l'heure dans les slips kangourous des puceaux candides, plus
habitués à Lara Croft qu'à la dernière héroïne porno à la mode.

Elles en veulent, je vous jure que c'est vrai. N'allez pas le dire, n'en
parlez pas, vous seriez vulgaires. Mais l'écrire, c'est une toute autre
affaire, c'est de la poésie, du bon grain et du conseil d'élite, alors
qu'en parler, c'est routiers/camionneurs et poster bien en vu dans la
cabine. Non, n'en parlez pas, faites circuler et vous verrez.

Comment faire pour plaire aux filles ?

Ben c'est bien simple : soyez mystérieux. Surtout si vous êtes un peu con.
Autant le cacher. J'ai connu un imbécile heureux tellement prétentieux
qu'il plaisait beaucoup, car sous la prétention, des rivières souterraines
de conneries en abondance. Pour peu que la trappe fut ouverte, et les
donzelles fuyaient en riant, dans des prés printanniers, enlacées de voiles
impudiques et glissant le pied nu sur la rosée du matin. Ah ah ah,
cinémascope ! Quel crétin celui-là ! Posez-leurs des questions, intéressez-
vous à leurs théories, surtout si, elles aussi, sont parfois très connes.
Les plus belles prises sont les mystiques. Ah, l'astrologie ! Il a fallu
que j'en digère des traités de conneries à deux balles pour les
impressionner ! Bien sûr que je suis bélier les filles ! Sagittaire si ça
vous plaît ! Poisson ? A votre bon coeur ! Mais oui, je suis très
cartésien, vierge, sans aucun doute. Et là, après la bénédiction des idées
partagées, vous aurez enfin la possibilité de libérer ces millions d'ôtages
qui nous condamnent tous, 78% du temps, à ne penser qu'à ça : libérer les
otages, les petits Woody Allen noirs et blancs qui dorment dans nos bourses
aux marchés non côtés car d'abondance, ah, oui, dame nature nous emmerde
bien à nous empêtrer à ce point, ah pour sûr on s'en passerait. Comme dit
Matthieu, faudrait nous la couper. Mais commence, fais-le le premier, j'ai
pas le courage.

Et profiter de la vie étudiante. Des occasions en or, des oeuvres d'art à
portée de main, pensez-donc ! Pas encore âbimées, pas encore abandonnées,
pas encore frustrées, toujours pleines d'amour comme des pommes au marché !
TaÏÏÏÏÏÏÏeauuuuuuuuu ! La cavalerie ! N'allez pas vous contenter d'une
seule sous prétexte qu'elle est gentille et qu'on s'entend bien. Il vous
reste 50 années d'otages à libérer par millions, attendez-donc un peu, la
fatigue viendra vite. N'allez pas croire que je sois macho, ou misogyne !
Bien au contraire les filles, changez les genres des paragraphes
précédents, et jetez-vous dans la bagarre ! Il n'est que temps ! Partez en
chasse ! Et prenez votre temps, non, pas dès le premier soir, non, quinze
jours de regards chassés-croisés, ça vaut tous les embouteillages !



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